Tu aimes la rando ? Tu kiffes quand elle est itinérante ? As-tu déjà testé la randonnée en autonomie complète ? Je te partage dans cet article un retour d’expérience dans le Vercors pimenté d’une dose d’érotisme (si j’ose…), quelques conseils et deux ou trois trucs à bannir afin d’éviter de finir comme moi !…aux urgences. Et bien sûr, comme toujours, des photos !

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - les crêtes du Vercors
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – les crêtes du Vercors

Que tu sois ou non comme moi parent solo, tu dois composer avec ces deux contraintes : la durée de tes explorations et le risque que tu prends.
La durée. Pour ma part, en période scolaire, je peux partir au maximum durant 6 jours…garde partagée oblige. Lors des petites vacances, je peux envisager de partir 10 jours et, durant les grandes vacances, deux semaines. Pour cette randonnée dans le Vercors, réalisée en Septembre, je disposais de 6 jours. 
Le risque. En tant que parent, on se doit de maîtriser les risques que l’on prend. D’abord pour rester…en vie, ensuite pour tout simplement être valide et pouvoir assumer ses responsabilités parentales au retour (et oui car avec des béquilles et une cheville cassée, tout devient vite très compliqué, cf l’article sur mon accident au lac de la Muzelle)! Cela implique donc une bonne préparation, physique, technique et logistique

Allez, illustrons tout ça !

J’adore le Vercors. J’adore ses différents paysages : sommet rocailleux au grand Veymont, plaines rases vers la Queyrie ou au dessus de Châtillon en Diois, forêts de sapins, crêtes découpées en limite du plateau.
Ayant déjà marché à quelques endroits du Vercors, j’ai décidé d’en faire la traversée intégrale en autonomie complète depuis Grenoble jusqu’à Die.

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - plaine rase en descendant du grand Veymont
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – plaine rase en descendant du grand Veymont

Il s’agit donc d’une traversée entre deux villes accessibles en train. Cela te permet donc de te passer de voiture. Point positif numéro 1. 

 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - vue sur Grenoble
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – vue sur Grenoble

Le choix de l’autonomie complète est un mélange de défi et de liberté. Tu peux (presque) définir l’itinéraire que tu veux. Tu n’es pas obligé de redescendre dans les villages pour te ravitailler et tu peux décider de rester tout le long de ta traversée sur les hauteurs, proche des crêtes. Point positif numéro 2.

  Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - abri non gardé, ici cabane des aiguillettes sous le grand Veymont
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – abri non gardé, ici cabane des aiguillettes sous le grand Veymont

Le Vercors est parsemé de cabanes ouvertes, sortes de refuges non gardés accessibles facilement (loin du confort des “hytte” de Norvège hein ;-)). Par conséquent, le portage d’une tente devient une option. Soyons plus précis. Si tu es seul, tu as peu de risque de surnombre donc tu peux faire l’impasse sur la tente. En revanche, si tu fais la traversée à plusieurs, je te conseille fortement de t’en munir. Et oui car ces cabanes sont parfois très petites. Il m’est arrivé plusieurs fois de les voir remplies ! Et si cela t’arrive, tu devras dormir…dehors…ou bien…négocier avec d’autres (qui ont pris soin, eux, de trimbaler une tente) pour rester dedans (pour l’avoir déjà fait, ça passe mais c’est un peu gênant et plus aléatoire). Point positif numéro 3.

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - les sources...si précieuses
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – les sources…si précieuses

Point négatif : le Vercors est un plateau où l’eau est rare. Or l’eau, tu en as besoin. Elle s’avère nécessaire tant pour t’hydrater durant la journée que pour préparer tes plats lyophilisés et/ou ton petit déjeuner. Nous reviendrons sur la nourriture mais avant, j’insiste sur la préparation logistique liée à l’eau. C’est crucial ! Un repérage de toutes les sources est à réaliser avant de partir. Pour cela je te conseille l’utilisation combinée des cartes IGN que tu trouveras sur geoportail et d’une carte spécifique du Vercors comme sur le site présenté ci-dessous :

Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – site refuges.info pour identifier les abris et les sources

Il me semble utile de déterminer à l’avance tes deux ou trois options de couchage selon que tu feras une petite, une moyenne ou une grande étape. Et oui, car la forme du jour, la méteo, les imprévus…et bien…ça se prévoit pas (redondance ? oui !). A partir de là, tu identifies pour chaque étape les sources auprès desquelles tu vas passer. Sur le site refuges.info tu vérifies chaque source avec les derniers commentaires et les dernières photos publiés. Cela te donnera la probabilité d’y trouver de l’eau. Certaines sources seront taries. Certaines couleront avec un débit très faible et il te faudra être patient (et, au cas où, prend des pastilles pour purifier l’eau…ce que je n’ai pas fait…bref). Dans la partie Sud du Vercors, où l’eau est la plus rare, je partais parfois le matin avec 4 litres de manière à tenir jusqu’au lendemain midi ! Et je te garantis que ça pèse…en plus de la nourriture.

La nourriture justement. Je l’avais évoqué brièvement dans l’article consacré au tour du Mont Blanc : vus mes besoins en calories, je peux difficilement passer sous la barre des 800g de nourriture par jour. J’ai donc rechercher les aliments les plus caloriques (la scène est assez cocasse quand tu parcours les rayons du magasin en épluchant les tableaux nutritionnels et que tu ne prends que le « pire »):

  • les mueslis les plus caloriques pour le matin
  • du lait en poudre pour bébé pour, mélangé avec de l’eau (Mon précieux !!!), hydrater les céréales tout en donnant de l’énergie
  • les barres de céréales et pâtes de fruits les plus caloriques pour grignoter au fil de la journée
  • des fruits secs
  • du pain de mie complet avec une ration de 2 tranches pour chaque midi
  • du jambon fumé de la forêt noire pour mettre dans le pain, deux tranches par midi
  • des plats lyophilisés, soupes et pâtes pour le soir.

Je tablais sur une randonnée de 5 jours. Par sécurité, j’ai emporté de la nourriture pour 6 jours soit un peu moins de 5 Kg de nourriture dans le sac. Autant te dire que lorsque tu attaques la première montée depuis Grenoble jusqu’au Moucherotte, tu le sens bien le sac. T’as presque envie de le balancer. Par contre au fil des jours, il s’allège et le dernier jour, tu gambades allégrement !

 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - la montée jusqu'au Moucherotte
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – la montée jusqu’au Moucherotte

Une fois tes points d’arrêt identifiés, les sources repérées, tu peux affiner ton parcours entre ces différents points de passage. Pour ma part, je te conseille les crêtes et deux ou trois variantes :

  • Les balcons Est entre Le Moucherotte et le col de l’Arc 
 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - les crêtes après le Moucherotte
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – les crêtes après le Moucherotte
  • Le sentier des deux cols entre le col de l’Arc et le col vert ! Un peu de gaz, un paysage de fou. A ne surtout pas faire par mauvais temps. 
 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - le passage par les balcons est, dans la pente !!!
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – le passage par les balcons est, dans la pente !!!
Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - non loin du col des deux soeurs
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – non loin du col des deux soeurs
  • Ensuite bien rester sur la crête au niveau de pas de l’oeille puis au col des deux soeurs, grande Moucherolle et petite Moucherolle. Pour être honnête j’ai eu peur à deux reprises sur ce passage mais c’est tellement beau que, si c’était à refaire, je le referai les yeux fermés…ah non, les yeux ouverts quand même. La première frayeur, je l’ai eu après le pas de l’Oeille, sur la crête, là où aucun chemin ne figure sur les cartes. J’avais lu des topos de gars qui avaient fait la traversée en utilisant ces portions (et oui, maîtrise du risque) et effectivement, cette crête était facile…jusqu’à un pas un peu plus ardu. Dans une bonne pente, une marche d’environ 2 mètres à descendre avec, juste en dessous, un grand goulet qui, tel un toboggan géant, te ramène bien plus bas sur le plateau. Autant dire que 2 mètres avec du vide en dessous, ça semble trop haut pour sauter, surtout avec un sac-à-dos chargé. J’ai essayé d’escalader le long de la paroi pour tenter de descendre plus loin, trop peu de prises…Après une heure à multiplier les essais et à sentir monter le stress (une petite pointe d’agacement aussi qu’un tout petit pas devienne un barrage), j’ai décidé de sauter. Mettre le sac à dos devant moi, descendre les fesses à la place de mes pieds pour diminuer la hauteur de chute et…me lancer. Et ça l’a fait. Ouf ! J’ai pu galoper jusqu’au pied de la grande Moucherolle. Et là, je ne sais pas si c’était d’avoir été ébranlé par le précédent accroc ou autre chose mais je ne me sentais pas de monter seul dans ce petit couloir qui se dressait devant moi. En réalité, ça ressemble plus à une petite échelle avec, sur la gauche environ 1000 mètres de vide et, sur la droite…environ 300. J’ai même douté que cela se franchisse en simple randonnée car c’est vertical et je peux te dire que tu vois les deux côtés en même temps ! Heureusement j’avais aperçu un groupe. J’ai pas hésité longtemps pour aller leur demander si c’était bien le chemin (oui) et du coup, si je pouvais faire ces passages avec eux (“les” car oui… après cette montée il y a la descente puis la petite sœur : la petite Moucherolle). Même en leur compagnie, j’ai eu les jambes tremblantes ! (J’ai omis de précisé…j’ai le vertige!!)
Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - montée de la grande Moucherolle...vous avez dit randonnée ?
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – montée de la grande Moucherolle…vous avez dit randonnée ?
Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - passer par les crêtes, ça offre quand même un panorama sympa, non ?
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – passer par les crêtes, ça offre quand même un panorama sympa, non ?

Côté nuit, on est dans le sommaire. Les abris du Vercors, ce ne sont pas les huttes Norvégiennes. C’est pas super propre. Tu as un sol, un poêle à bois, une table et des bancs et de quoi poser ton tapis de sol et ton duvet. Point.

Les deux premières nuits, je les ai passées seul. Enfin…presque. Un peu de compagnie animale avec des loirs qui gambadaient au dessus de moi et me lâchaient une partie des bombes qu’ils ramassaient dehors. J’ai tenté de m’engager dans cette guerre ouverte mais j’ai bien vite renoncé…Balèzes les loirs !

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - Les abris non gardés, sommaires, mais efficaces !
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – Les abris non gardés, sommaires, mais efficaces !

La troisième ce fût différente. J’avoue que j’avais envie de partager un moment en compagnie humaine. Pouvoir parler, écouter, rire etc…Car j’ai bien essayé avec les loirs mais ça n’a pas été concluant. Par chance, en arrivant à la cabane de la carette non loin de la tête des chaudières, j’ai pu bavarder près d’une heure avec un couple de randonneurs. Mais il devaient redescendre au village. Je me retrouvais à nouveau seul avec mon réchaud et mon lyophilisé…jusqu’à ce que je vois débarqué un jeune qui respirait (transpirait ?) la motivation. Un vieux sac des années 70, sans doute à son père, énorme (le sac ;-)), sur son dos. Il vient jusqu’à moi. Il est curieux et pose plein de questions : est-ce que je randonne seul ? Quel est mon parcours ? Comment je gère la nourriture ? etc. Ça lui fait grave envie. De mon côté je questionne aussi. Que fait-il là ? J’apprends qu’il est le premier d’un groupe de 5 venus fêter un anniversaire dans cette cabane. Pratique d’accès depuis le bas du plateau. Les 4 autres vont arriver, un gars et trois filles.
Un peu plus tard, deux parents et un tout petit parviennent à la cabane. La cabane de la Carette devient « the place to be » du Vercors. Personnellement je trouve ça beau et touchant cette virée en montagne avec nuit en abri de la part de ce trio.
Le club des cinq nous invitent à partager bières et saucisses. Sympa de participer à cette fête d’anniversaire en altitude.
Maman et bébé se coucheront tôt. Papa restera boire quelques bières avant de les rejoindre.

De mon côté je l’avais bien repérée cette bonde aux yeux bleus. Dès son arrivée à la cabane. Il y a eu bien sûr les bonjours, des présentations rapides, puis le groupe s’est installé et a commencé à préparer la soirée.

Lorsque tu « flashes » sur quelqu’un, tu cherches le regard, le fameux « eye-contact » et souvent, c’est un bon indicateur. Il y est ou il n’y est pas. Mais parfois, c’est plus compliqué.

Durant cette soirée, nos yeux se croisèrent mais à la surface nous étions calmes, impassibles. Feinte d’ignorance ou belle naïveté ? En effet, peut-on seulement imaginer une aventure impromptue en montagne…qui plus est avec un randonneur itinérant…pas lavé depuis 3 jours (même si je le randonneur en question porte du Merinos)…Encore plus dans un contexte de nette évidence où l’un des deux gars semble amoureux de cette blonde. Ça crève les yeux. Les filles s’éclipsent par moment et nous parlons « entre hommes ». Enfin…on raconte des conneries et on rit.
Je suis tellement bête parfois. Pour faire cuire les saucisses, il y avait un feu. Juste devant la cabane, là où c’est inscrit « Interdit ». Et pour que ce feu vive, il fallait du bois. Alors s’organisaient périodiquement de petites équipes de ramasseurs de bois. A un moment, notre blonde voulut savoir qui l’accompagnerait pour la prochaine mission « chercher le combustible ». Ce n’est qu’après trente secondes (au moins !) que j’ai réalisé que j’aurais pu me proposer. Que j’aurais dû ! Quel imbécile…Bref, l’un des gars y est allé et moi…je suis resté coi. C’est dans ces moments là où tu te dis que tu as râté l’opportunité et que l’affaire est morte. Mais le déroulement des événements est parfois imprévisible.

En effet, je ne sais pas par quel hasard nous nous sommes retrouvés côte à côté autour du feu avec boucle d’or (désolé pour les surnoms…mais je ne mets volontairement pas de prénom ;-)). Tandis que nous faisions des jeux de mémoire, la nuit avançait ses atours et le froid grandissait. Voilà que nous nous retrouvions à partager une couverture…tous…tous…tous les deux (oui…y a de la référence au fromage des dieux et alors ?). Nos épaules se retrouvèrent collées tant pour pouvoir tenir sous la couverture que pour bénéficier de la chaleur. Nous continuions à jouer, tous les six, ponctuant le calme des alpages de nos rires francs. Le feu crépitait et nous hypnotisait. Il crépitait et des petites braises incadescentes fusaient de ci de là. J’avais un peu peur pour mes vêtements techniques (Ô matérialisme…de m…). Heureusement qu’il y avait cette couverture…je devais à tout prix m’y blottir davantage ;-).

Puis le foyer vint à se calme et la fatigue à nous gagner. Il était temps de rejoindre l’étage du cabanon pour nous y entasser à…9. Le premier gars, l’ultra motivé, victime d’un coup de fatigue prématuré était déjà saucissonné dans deux duvets ! Le second, quant à lui, avait installé les sacs de couchage de ses comparses. Celui de la blonde juste à côte du sien, sur la gauche de la montée d’escalier (mâlin le bougre ;-)). De mon côté, mes affaires étaient en place depuis plusieurs heures et je m’étais mis contre un pan du toit, pas trop près de l’ouverture pour l’échelle…tout à droite. Dommage. Et oui, je ne pouvais pas deviné et surtout, je n’avais pas envie de tomber durant la nuit.
Mais là, une scène intrigante se produisit. Boucle d’or, regardant la disposition des couchages, déclara que ça ne lui convenait pas. Et là voilà à déplacer ses affaires…à coté de moi ! Les frontales s’éteignirent, chacun se retrouva seul dans son cocon, cherchant position idéale et chaleur pour sombrer dans le sommeil. Et le sommeil nous emporta, bien vite. Trop vite…
…Jusqu’à ce que je me réveille subitement. Tout était calme, tout le monde dormait. Cela faisait à peine une heure que nous nous étions couchés. Pourquoi ce réveil brutal ? Ça y est, je comprenais…une idée m’obsédait. Tout mon être était focalisé sur une même envie. Celle de caresser les cheveux de la blonde. Je n’avais qu’à tendre mon bras droit pour pouvoir les toucher. Mais je refrénais cette envie. Trop intrusif ? Quelle sensation que celle de se faire réveiller par une main inconnue dans ses cheveux ? Peur ? Colère ? Mais l’idée ne me quittait pas. J’essayais de faire défiler la soirée en accéléré pour repérer d’éventuels signes d’intérêt de sa part. Tout était flou dans ce demi sommeil. Je ne savais pas. Je n’y croyais pas.
Et pourtant, je finis par tendre mon bras. Ma main était maintenant à quelques centimètres du sommet de sa tête, de ce refuge d’où elle devait être en train de rêver. Le dilemme faisait rage dans la mienne. Mon cœur battait à tout rompre (J’espère pas assez fort pour réveiller le reste de la troupe). Encore un centimètre, ma main venait de s’approcher. Je sentais quelques mèches égarées. Alors, je cèdai et laissai aller ma main à une vraie caresse.
Rien, néant. De mon côté, ma poitrine aurait pu exploser mais en dehors de ma tête et de mon corps, calme et silence restaient d’or. Alors, au moment de retirer ma main, je caressai une nouvelle fois cette belle chevelure. Panique ! Un sursaut chez ma voisine. Je l’avais réveillée, à n’en pas douter ! Elle secoua la tête comme pour repousser une attaque désagréable alors…je retirai ma main lentement, sans à coups et sans bruit. C’est là, perdu dans mes émotions, dans une gêne certaine, que je sentis sa main saisir mon poignet. Une saisie ferme. La main dans le sac ? J’étais transi. Je ne bougeais plus. Respirais-je encore ? Ces quelques secondes semblèrent durer des heures puis sa main dirigea la mienne sur ses cheveux en m’invitant à la caresser à nouveau. J’étais dès lors transporté ailleurs. Je perdais pied. Ma main caressa ses cheveux puis son visage. Elle tendit à son tour son bras gauche pour m’atteindre. Je l’attirai à moi faisant communier nos duvets. Nous nous embrassâmes. Il semblait y avoir une parfaite synchronisation animale entre nous. Après les baisers, son corps se glissa contre moi…dans mon sac de couchage. Nos mains devenaient incontrôlables. Elles exploraient, découvraient, saisissaient, caressaient et effleuraient chaque recoin de l’autre. Nos habits commencèrent à perdre de l’adhérence. Tout se déroulait sans un mot jusqu’à elle suggère, à juste titre, que nous descendions. Car oui, dans une certaine mesure, la présence de 7 autres personnes peut contribuer à ajouter un peu d’excitation mais à un moment, cela devient gênant, voir bloquant. Alors nous emportâmes des couvertures et allâmes dehors, dans la nuit. Et nous y restâmes jusqu’au matin. Une nuit blanche magique, troublante, animale, instinctive. Et puis nous avons parlé jusqu’à ce que la cabane s’anime et que les autres se lèvent. A tour de rôle.
Leur fête était terminée et elle devait redescendre. La mienne aussi et je devais continuer, marcher et aller de l’autre côté du grand Veymont. Dur. Parfois, pas toujours mais parfois, je suis peut-être trop fleur bleue. Dur. Je n’avais pas envie de partir ni de la voir partir. Je n’avais pas envie de marcher ce jour là. Le soleil était pourtant au rendez-vous et promettait une belle journée. Je n’avais pas envie. Elle était également de Lyon alors nous avons échangé nos numéros de téléphone. Mais j’ai merdé. J’ai donné celui du téléphone que je n’avais pas avec moi. Il me faudrait attendre 3 jours pour découvrir si j’avais un message.
Alors j’ai pris mon sac, dit au revoir et je suis parti. J’ai marché une heure puis je me suis arrêté. Je me suis arrêté une bonne heure pour me remettre de mes émotions, pour accueillir cette tristesse et pouvoir repartir et reprendre le fil de mon projet. J’ai pu terminer ma traversée. Je n’ai jamais eu de nouvelle et je le comprends. Il y a des moments qui appartiennent à l’instant et qu’il faut savoir laisser comme tels. Ne pas chercher plus, ne pas chercher à en faire autre chose qu’une parenthèse d’harmonie. Ne pas vouloir se détourner de sa route ni l’autre de la sienne. J’ai aussi eu une pensée pour le deuxième gars. Il était sympa et charmant. Sans doute pas aveugle et…cette soirée aura pu lui laisser un goût amer. Mais qui sait, après la parenthèse revient la vie réelle et, peut-être, a-t-il eu sa chance.

Alors voilà, je t’ai partagé jusqu’à présent un peu de la beauté de traverser le Vercors, un peu d’amour « sauvage ». Nous reste la gloire !!! Mais avant la gloire, je voudrais te partager encore quelques paysages du Vercors et puis un peu de sa faune. Car le Vercors possède de nombreux spots où tu es garanti d’observer des animaux de près !

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - Crêtes et mer de nuage, j'adore !
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – Crêtes et mer de nuage, j’adore !
Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - vue le mont Aiguille, incontournable du Vercors
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – vue le mont Aiguille, incontournable du Vercors
Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - Bouquetins garantis de part et d'autre du grand Veymont
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – Bouquetins garantis de part et d’autre du grand Veymont, envie de les caresser n’est ce pas ?
 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - parfois un coup de chance et un renard au détour d'un bosquet
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – parfois un coup de chance et un renard au détour d’un bosquet

Je ne te mets que quelques photos dans cet article mais tu peux en retrouver d’autres sur ma page facebook : https://www.facebook.com/tsvcsv/

Alors la Gloire ? Et bien la gloire, contrairement à ce que tu pourrais penser, ce n’est pas d’avoir terminé cette traversée en 5 jours. Non, c’est la suite.

 Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - retour à la civilisation
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – retour à la civilisation

Et cela commence par un retour à la civilisation. Une arrivée à Die pour prendre un train….qui s’avérera être un car. Un retour qui te remet cette seconde peau, cette figure de jugement permanent porté sur soi-même. Tu avais oublié, pendant ces 5 jours, ce qu’était un miroir. Tu t’étais oublié dans le fait de vivre l’instant, de mettre un pied devant l’autre, de gérer l’eau, de manger…et là, tu reprends conscience de la vie « citadine ». Tu sens alors ton odeur et la honte de gagne. Tu voudrais te faire tout petit et entrer dans les soutes. Mais non, tu es assis à une vraie place, non loin de vrais gens. Bref, je parviens à Valence où un ami me rejoint. Je lui demande si mon odeur se remarque. Il confirme. Ok. 5 jours sans se laver, c’est trop même avec deux tenues merinos !

Trouver sa voie - Randonnée itinérante autonomie complète - oublier ce qu'est un miroir, oublier le SOI, son odeur et juste vivre...
Trouver sa voie – Randonnée itinérante autonomie complète – oublier ce qu’est un miroir, oublier le SOI, son odeur et juste vivre…

Nous buvons deux ou trois bières avant de rentrer chez lui. Au programme, douche pour moi, repas, discussion puis dodo avant de prendre un train le lendemain matin direction Lyon et retrouver mes enfants.

La fierté et la joie d’avoir réalisé cette escapade sont bien là, vibrant en moi, jusqu’à ce qu’une douleur vienne vibrer plus fort encore dans mon ventre. J’ai terminé mon périple un lundi après midi. Je suis arrivé à Lyon le mardi. J’ai retrouvé mes enfants le mercredi. Le jeudi matin je suis chez mon médecin. Il me prescrit une analyse de sang. La douleur augmente et irradie au niveau des reins. Je suis comme ceinturé par cette douleur. Analyses faites, RAS. Je peine à emmener les enfants à l’école. Vendredi soir, la douleur n’est plus tenable. Le paracétamol prescrit n’a aucun effet et je me retrouve allongé par terre, sur le carrelage, en position fœtale. Je ne peux plus rien manger depuis 3 jours. Aucun symptôme autre que la douleur. Je ne sais pas quoi faire. Mes enfants sont petits. J’appelle plusieurs personnes et finit par appeler une ex pour lui demander si elle peut venir les garder afin que je puisse aller aux urgences. J’appelle. J’y vais à pieds. Une vraie torture. Des heures en salle d’attente. Encore une torture. Enfin des examens et surtout, du tramadol. La douleur s’estompe tandis que je « plane ». Examens RAS. Il faudra attendre le lundi et quelques doses de tramadol pour que la douleur disparaisse. Aucune idée sur ce qui s’est passé. La jambon…plusieurs jours dans le sac. De l’eau bu sans filtrer ni purifier…Je ne sais pas. Le choc du retour…qui sait.

Ce souvenir ne ternit aucunement l’expérience vécue. Cette traversée fut géniale ! Ce fut plus qu’une randonnée. Ce fut une expérience à bien des égards et les expériences, c’est précieux non ?
J’ai eu beaucoup de mal à écrire cet article. Notamment car j’y ai partagé des choses que d’ordinaire, je tais. J’espère que sa lecture aura été agréable et je t’invite à réagir, quelque soit le sujet, au travers des commentaires. Je serai ravi de te lire et de te répondre. En attendant, nous sommes en partance pour l’hiver et les sorties seront d’une autre nature !

A bientôt

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