Dans la série hélicoptère, je voudrais la Norvège ! Dans mon précédent article je te faisais part ironiquement de quelques astuces pour te garantir l’accident de montagne. Cela m’a remis en mémoire mon séjour en Norvège de Septembre 2015. L’occasion de te partager cette aventure aussi éblouissante que surprenante. Envie de voyager au milieu de paysages fabuleux ?

Trouver sa voie - Norvège - Paysages hallucinants, la nature s'est faite orque ;-)
Trouver sa voie – Norvège – Paysages hallucinants, la nature s’est faite orque 😉

Ce fut un séjour court. Seulement quelques jours. Au programme, visite de Bergen, train de Bergen à Flam puis randonnée de Flam à Stalheim avant de faire du stop pour retourner vers Bergen…Même si le stop n’est pas trop en vogue chez nos amis vikkings !

Avant de t’emmener dans les grands espaces, au milieu des névés et des lacs, les pieds dans cette herbe si colorée je vais t’indiquer une chose à ne surtout pas faire !
Bien sûr, lorsque tu pars pour randonner, même assez loin, tu aimerais avoir tout sur toi. Tu sais que si tu veux prendre ton sac à dos en cabine, il te faut éviter couteaux, contenants etc. Donc, ton sac à dos de rando, tout équipé, tu le mets en soute. C’est ce qu’on a fait pour ce voyage en Norvège. Les sacs étaient en soute et pourtant…j’ai sué à grosses gouttes à l’arrivée à l’aéroport de Lyon, au retour. Tu te demandes pourquoi ? 
Imagine toi avec moi une ou deux heures avant le vol aller, au guichet, prêts à enregistrer les bagages. Billets OK. Pièces d’identité OK. Poids des sacs, OK. Vérification infrarouge des sacs…Pas OK. Tu vois le regard du personnel qui s’assombrit. Ils te demandent de sortir ça immédiatement de ton sac. Alors tu ouvres ton sac, tu sors les différents sacs intérieurs jusqu’à accéder à cette petite bouteille de gaz prévue pour ton réchaud ultra-léger. Oui, oui, oui c’est ridicule. J’ai préparé mon sac de rando comme d’habitude sans penser à la contrainte de l’avion. Et tu t’en doutes, la bouteille de gaz, que ce soit en cabine ou en soute, c’est strictement interdit.
Imagine toujours. Nous nous confondons en excuses, je refais mon sac et ça y est, la matos peut voguer sur les tapis roulants. Et nous…nous nous retrouvons avec nos affaires cabine et…une bouteille de gaz. Ah ! Tu en fais quoi de cette bouteille dans un aéroport ? Tu peux pas mettre ça dans une poubelle. C’est là que la bonne idée te vient. Faute à l’horaire trop matinal ? au stress d’avoir été pointé du doigt à l’enregistrement ? Bref, cette bouteille est neuve quand même. Pourquoi ne pas la cacher derrière une poubelle et la récupérer au retour ? Allez, hop, bouteille laissée.

Le lendemain, en checkant les news de France, tu découvres que l’aéroport de Lyon a été bloqué plusieurs heures la veille en raison d’un “colis” suspect. Au milieu de la Norvège, en mode randonnée, tu n’as que des informations partielles. Mais c’est une sacrée coïncidence, non ? Ca te travaille, ça t’angoisse puis, tu te retrouves en montagne et la déconnexion totale te fait passer à autre chose. Tu oublies.

Mais lorsque ton avion s’apprête à se poser à Lyon, tu entends cette curieuse annonce : personne ne bougera de son siège lorsque l’avion sera au sol. Un contrôle de police va être effectué. Et là, le stress revient d’un seul coup. La sueur coule sur ton front. Tu fais des liens. Tu allumes ton téléphone sitôt au sol pour essayer d’avoir des informations. Tu sais que cela ne sert à rien car quoi qu’il en soit, tu es coincé dans cet avion. Rien n’y fait, la machine est lancée. Cela semble durer des heures avant que les forces de l’ordre ne pénètrent dans l’avion. Mais avant de poursuivre, retournons en Norvège 😉

Trouver sa voie - Norvège - Bergen et ses célèbres maisons colorées
Trouver sa voie – Norvège – Bergen et ses célèbres maisons colorées

Pour pouvoir aller randonner dans les Fjords, à un tarif raisonnable, nous avions choisi Bergen comme destination.
Ce qui est frappant à Bergen c’est le look vestimentaire sportif. La grande majorité des gens croisés est habillé en “sportswear”. L’avantage c’est qu’en tant que touriste randonneur, tu dénotes pas trop ! Et il y a plein de boutiques montagne.
Bergen est une belle petite ville. C’est cher mais c’est beau. Et oui car quand tu prends deux bières et que ça te coûte le prix d’un menu dans un resto étoilé en France…ben tu recommences pas ! (Ok j’exagère un peu mais tu as compris l’idée). Et puis c’est fou, c’était en 2015 et pourtant, je n’ai jamais croisé autant de Tesla que là-bas, même aujourd’hui à Lyon j’en vois pas autant. Alors certes la Norvège est connue pour être assez écolo (quoique la voiture électrique soit une vaste blague à ce niveau) mais une Tesla, ça coûte un bras… Vraisemblablement pas là-bas.

Trouver sa voie - Norvège - Bergen, ses rues et ses maisons en bois
Trouver sa voie – Norvège – Bergen, ses rues et ses maisons en bois

Après une première soirée passée à Bergen, réveil aux aurores pour attraper l’un des premiers trains pour Flam, le Flamsbana. C’est LE train du coin. LE train à touriste. Et ça il y en a des touristes. Pas grave, c’est joli, c’est marrant et ça nous emmène à destination.

Trouver sa voie – Norvège – Flamsbana, le train de Bergen à Flam

A noter que sur le chemin le train fait des haltes. En particulier face à une très grande cascade devant laquelle des dizaines de personnes prennent des photos ! Ben t’auras pas de photo de cette cascade
Mais je te mets quand même un point de vue depuis le train 😉

Trouver sa voie – Norvège – Vue depuis le train pour Flam

Arrivée à Flam…tout petit village au bout de l’Aurlandsfjorden…(pour la simplicité de lecture, on dira juste un fjord). Tant qu’il fait jour, il y a du monde, les touristes qui visitent. La plupart reprennent le train pour repartir en fin de journée. Nous, nous restons dans une ville devenue très calme.

On s’installe au camping. On échange avec le patron hyper sympa pour déterminer plus précisément l’itinéraire du lendemain. Au départ, nous aurions souhaité faire la traversée jusqu’à Gudvangen, village très touristique. Mais on comprend (tant bien que mal) que la descente sur Gudvangen est…très (trop) dangereuse. Aucun sentier…seuls les “experts” du coin la font car ils savent où passer. Petit saut à l’office du tourisme tant qu’elle est ouverte pour acheter une carte. Effectivement, quand tu vois les courbes de niveau sur la carte, tu comprends. Option rejetée. On redescendra plus au Sud, à Stalheim, et tant pis pour Gudvangen. 

Trouver sa voie – Norvège – Carte – seconde partie de Grindaflethytta à Stalheim

On profite de l’après midi pour une sortie course à pieds sur les hauteurs à l’Est du Fjord. De charmants villages en bois, la vue sur l’eau et sur Flam. Parfait.

Nuit dans la tente et réveil aux aurores pour attaquer la montée, direction Grindaflethytta, une cabane dans les montagnes où le patron du camping nous a conseillé de faire halte.

Trouver sa voie – Norvège – vue sur Flam lors du début de l’ascension

Ca monte. C’est vert. Il y a de l’eau et des petites cascades. Ca monte encore et puis la pente s’adoucit, on atteint le plateau. Le sol est une sorte de mousse, colorée, imbibée d’eau. J’ai bien fait de mettre mes chaussures en mesh. Je suis en contact direct avec la nature. Ceci étant dit, je ne sais pas si c’est grâce à cela mais je suis parti en Norvège avec une verrue plantaire et je suis revenu sans. Elle doit trainer quelque part là-bas. Qu’elle y reste.

Trouver sa voie – Norvège – un sol humide et coloré

Peu avant d’atteindre le plateau, on voit surgir un randonneur derrière nous : au pas de course, équipement léger. Très léger. Petit sac 15 litres, juste un K-Way, baskets de running. Y a pas à dire, il est minimaliste le…polonais. Car oui, on échange un peu avec lui. C’est un polonais qui vit à Gudvangen et travaille dans un resto. Pour son day off, il s’octroie une petite traversée entre les Fjords en tablant sur une redescente le jour même sur…tu auras deviné…Gudvangen. Alors déjà, la distance, ça envoie, mais surtout, rappelle-toi quelques lignes plus haut…la descente est extrêmement technique. Nous lui faisons part de cette info, nous regardons la carte ensemble. La nôtre car il n’en a pas. Il reste super confiant dans son plan et repart de bon train. 

Le voici de dos, dans le cercle rouge.

  Trouver sa voie - Norvège - le randonneur polonais
Trouver sa voie – Norvège – le randonneur polonais

C’est quand on a du faire face aux premiers névés que j’ai vraiment eu de la peine pour lui et son équipement. Vraisemblablement il est passé. Sinon, nous l’aurions vu…or on ne l’a jamais revu…et c’est d’ailleurs ça le problème 😉 mais chaque chose en son temps.

 Trouver sa voie - Norvège - un parmi les quelques névés à franchir
Trouver sa voie – Norvège – un parmi les quelques névés à franchir

Ces névés, bien que pas très hauts, nous stressent un peu. Avec nos pneus lisses et nos gros sacs, on manque un peu d’accroche. Mais ça passe. Heureusement d’ailleurs…

Trouver sa voie - Norvège - Névés et mini icebergs, et oui, la Norvège c'est nordique !
Trouver sa voie – Norvège – Névés et mini icebergs, et oui, la Norvège c’est nordique !

Le temps s’assombrit et la pluie arrive, accompagnée d’un petit vent frais…agréable dis-tu ? Nous voilà rincés jusqu’à l’os. Encore quelques kilomètres avant d’arriver aux fameuses « hytte ». Sorte de cabanes non gardées dans les montagnes. Lorsqu’on y arrive enfin, c’est la grosse surprise. Enfin…plutôt deux grosses surprises. D’abord la cabane. Ensuite une bande de norvégien tous plus athlétiques les uns que les autres.

 Trouver sa voie - Norvège - la fameuse hytte Grindaflethytta (prise le lendemain avec le soleil)
Trouver sa voie – Norvège – la fameuse hytte Grindaflethytta (prise le lendemain avec le soleil)

Alors la cabane, ça réjouit, ça réchauffe le coeur, le corps et les vêtements trempés par cette journée quasi complète de pluie. 

Les athlètes, ça stresse ! En premier lieu, ils se douchent à poil dans le lac derrière la cabane. Certes, la scandinavie c’est tout le monde tout nu, et tant mieux, mais ils sont super baraqués et ma copine de l’époque le remarque bien ! Ensuite, ils sont drôles les cons ! Et vraiment athlétiques (oui je radote!! et désolé pour les curieux et curieuses, pas de photos de nos amis). En discutant pendant le repas on parle ski. Du ski, on en a fait pas mal et on envoie (oui d’accord, on envoyait) mais là ils nous montrent les photos de ce qu’ils font et de ce qu’ils prévoient de faire lorsqu’ils viendront en France, dans les Alpes…Et je pleure intérieurement…De bonnes arêtes, hors piste évidemment. Décidément, nous n’avons pas le même référentiel…

Les gars ont été super cool. Ils nous ont fait découvrir des boissons locales et ont partagé un peu de leur nourriture. Oui, car nous étions en mode rando avec nourriture minimaliste mais eux, en locaux connaisseurs, ont cuisiné. Et pour cause. Tu as plein de vivres dans la cabane. 

C’est dingue ces cabanes. C’est non gardé et pourtant dans un état digne d’un chalet de Mégève ou de Chamonix ! Tu y trouves un placard à provision, tu te sers et tu laisses l’argent dans une boîte. Idem pour tes nuitées. La soirée a été super sympa, la nuit très bonne. J’ai d’ailleurs pu apercevoir une mini aurore boréale en allant aux toilettes !! Dommage, je n’ai pas pris de photo :/

Trouver sa voie - Norvège - vue matinale sur le lac et les monts saupoudrés de neige
Trouver sa voie – Norvège – vue matinale sur le lac et les monts saupoudrés de neige

Le réveil a pu être moins matinal. Nous avions prévu de rester une nuit de plus dans cette cabane pour profiter de la journée sur place. L’objectif était de marcher sur ces hauteurs jusqu’au dessus du NaeroyFjord et admirer la vue. C’est ce que nous avons fait mais après une petite surprise…

Trouver sa voie - Norvège - Arrivée tonitruante d'un hélicoptère de secours
Trouver sa voie – Norvège – Arrivée tonitruante d’un hélicoptère de secours

Les Norvégiens se préparaient et étaient déjà dehors lorsqu’un bruit assourdissant est soudainement venu rompre le calme de la montagne. Un Hélico de secours. Il se pose non loin du “Chalet” et on entend discuter le pilote avec nos athlètes norvégiens. On se dit que tout est géré entre types du pays. Mais tout à coup voilà que l’un de nos amis norvégien vient nous trouver dans le salon de la Hytte accompagné des secouristes. Ces derniers nous demandent si nous avons croisé un randonneur la veille venant de Flam ? Réponse oui. Ils nous demandent une description. On ressort l’histoire du sac à dos, des baskets, du Kway etc…Et là, ça semble faire le lien. Ils ont été alertés la veille au soir car le fameux polonais n’est pas arrivé à Gudvangen. Ils repartent donc pour le chercher dans ce dédale de névés, de lacs et de prairies. De notre côté, on imagine le pire. L’accident dans la descente. Et je coupe court immédiatement à tout suspens. On apprendra le lendemain qu’il s’en est sorti indemne après une grosse chute dans la descente sur Gudvangen. On lui avait pourtant dit…mais peut-être que lui aussi avait ses raisons de provoquer l’accident de montagne (ça te rappelle quelque chose ? sinon, je t’invite à lire mon article sur les étapes qui te garantissent l’accident).

Trouver sa voie – Norvège – Vue lors de la marche jusqu’au promontoire

Après ces émotions matinales, nous avons pu profiter d’une belle journée où le soleil a bien vite fait oublié la pluie de la veille. Bonne marche, régalades à glisser sur les névés et point de vue sur le Fjord depuis un chouette promontoire. Au retour dans l’après-midi, c’est à notre tour de profiter de la douche à poil dans le lac. Ce soir, personne dans les cabanes. Nous sommes seuls et ça fait du bien aussi. Pas d’aurore boréale ce soir-là. En même temps, nous ne sommes pas assez au nord et il est encore trop tôt dans la saison. Celle de la veille était un vrai coup de chance.

 Trouver sa voie - Norvège - Le promontoire avec vue sur le Fjord
Trouver sa voie – Norvège – Le promontoire avec vue sur le Fjord

Le lendemain, départ au lever du soleil pour profiter de la lumière magique des premiers matins du monde…et surtout arriver en bas assez tôt pour essayer d’avoir un bus ou…de faire du stop.

Les paysages sont à nouveau époustouflants et c’est avec une pointe de tristesse que l’on redescend de cette montagne.

Nous attendons à un arrêt de bus mais une sorte d’intuition nous dit qu’il n’y aura pas de bus…Alors on lève le pouce. Et on le  lève longtemps. On prend même le temps de déballer le pic nic, de manger tout en dressant notre gros doigt à chaque fois qu’une voiture daigne passer. Après facilement 2 heures à attendre, un type s’arrête. Il va…jusqu’à Bergen et accepte de nous y conduire. 2 heures durant lesquelles j’ai dû lutter contre le sommeil, parler anglais, tandis que ma copine, à l’arrière, a piqué un bon roupillon. Vraiment trop injuste dirait Calimero. Mais la route était assez belle. Dommage que ce norvégien au cœur sur la main n’ait pas eu une Tesla 😉

Retour à Bergen, visite, nuit en Auberge de jeunesse avant le retour sur Lyon.

Certes, quelques jours de plus auraient été les bienvenus mais c’était déjà un format de séjour très bien qui nous a permis de visiter et de randonner.

Sur ce…Ah non, avant de conclure, tu te demandes peut-être ce qu’il est advenu dans l’avion, avec les forces de l’ordre ?
Et bien…rien… Vraisemblablement ils n’étaient pas venus pour nous.
Notre bouteille, quant à elle, avait disparu de derrière sa poubelle mais elle ne fût pas la cause de de la fermeture de l’aéroport…enfin…c’est notre conclusion.

Si tu veux voir davantage de photos (car je n’en mets que quelques unes dans l’article), je t’invite à te rendre sur la page facebook de Trouver sa Voie : https://www.facebook.com/tsvcsv/ dans la rubrique photos…il y aura des albums.

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A bientôt pour de nouvelles aventures.

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