Discuter d’un sujet banal peut parfois inspirer de vraies réflexions. Et pourquoi pas un changement. C’est ainsi que je me suis retrouvé jeudi dernier à parler de poubelles, de choix de vie et de changements.

 

Une question de départ : comment font les gens dont le job est ultra répétitif ?

Imagine un peu. C’est samedi, 5h du matin. Tu attaques ton job en usine. Il fait froid. C’est le week-end alors les effectifs sont réduits. Vous êtes deux. A deux, pendant 12h, vous tournez sur 6 machines pour récupérer les pièces en plastique fabriquées, les mettre en carton, fermer les cartons, mettre les cartons sur palette puis entreposer les palettes. A 17h, c’est terminé, tu rentres.

Le lendemain, tu recommences. Mais cette fois, à 10h30, lors d’un contrôle qualité, tu détectes un défaut sur un tube que fabrique l’une des machines. L’équipe de nuit n’a pas fait les contrôles. A quand remonte l’anomalie ?

Pour le savoir, une seule solution, récupérer toutes les palettes, les ouvrir et mesurer les tubes. Ok. Sur combien ?

Et bien 5/6 palettes d’une cinquantaine de cartons chacune. Chaque carton contenant environ 100 pièces. Plus d’une journée de boulot à deux à ne faire que ça…

C’est une histoire qui m’est arrivée lorsque j’avais 19 ans et que je bossais l’été. Autant te dire la vérité. J’ai craqué et j’ai abandonné. J’ai fait d’autres jobs d’été.

Aujourd’hui encore je m’interroge sur la capacité des gens à exercer un job « alimentaire ». Certains n’ont absolument pas le choix mais d’autres le font…en attendant. Dans les biographies de personnalités (réalisateurs, écrivains, entrepreneurs…) il n’est pas rare de constater un enchaînement de « petits boulots » difficiles. Je leur tire mon chapeau.

Je comprends maintenant pourquoi je n’ai pas tenu à l’époque. Ce job d’été n’avait pas d’autre sens que celui de l’argent. Ça ne s’inscrivait dans un aucun projet plus grand. Pour reprendre une métaphore entendue il y a pas mal d’année, il n’y avait aucune cathédrale à construire, seulement des pierres à tailler.

Pour tenir, il faut une cathédrale à construire et pas seulement des pierres à tailler

Les personnalités avaient une ambition. Leurs actions, y compris les boulots « ingrats, étaient des étapes pour concrétiser leur rêve. Parfois de simples nécessités.

Et pour revenir au titre de l’article, il est nécessaire que je sorte les poubelles régulièrement. Quelques éléments de la fameuse discussion :

On me dit que sortir les poubelles n’est bien ni mal. C’est. Point barre.

Par désir de provocation, je rétorque que c’est bien de sortir les poubelles. C’est un moyen de maintenir la propreté chez moi. D’éviter l’accumulation de mouches et moucherons…Il est vrai qu’une fois dans le local à poubelles, les pieds dans un truc visqueux qui s’étend lentement sur le carrelage, l’odeur fétide qui me prend à la gorge, c’est moins bien. Mais au final, je suis satisfait de l’action

On me dit que c’est pareil pour beaucoup de choses, y compris un job alimentaire.

Je réalise que c’est vrai.

Aujourd’hui, j’ai une ambition beaucoup plus claire et beaucoup plus prégnante, un rêve : entreprendre.

Et je peux envisager d’autres « poubelles à sortir »… pour ma cathédrale. Y compris faire des sacrifices. Faire certains deuils, faire certains choix, cela devient d’un coup nécessaire mais aussi plus facile.

Et toi, quelles sont tes poubelles, quelle est ta cathédrale ?

A bientôt

 

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