La chance peut-elle changer la vie ? Vivre bien, vivre heureux, vivre selon ses projets ou encore trouver sa voie, cela dépend-il de la chance ? Dans quelle mesure ? Je dirais que la chance est là, ambiante, et que souvent, il suffit d’ouvrir les yeux. J’ai de la chance et je veux le reconnaître.

–Changement du Dimanche 6 Septembre– rédigé le lundi 7 Septembre

Gaux, Chris Brigitte et moi sommes allés dans le Vercors ce week end. J’ai raconté une partie de notre périple dans le changement d’hier, Méditer chaque matin.

Et comme pour les bons gags, je vais amortir cette expédition en racontant d’autres moments du week end. Surtout, je souhaite te raconter comment ce week-end m’est apparu du vendredi soir au dimanche soir comme une révélation, comme un modèle réduit ou un résumé d’une vie.

Un peu de contexte

J’étais organisateur de ce week-end de randonnée itinérante en autonomie. Chris m’a même fait confiance ;-). Autant te dire que j’avais envie de faire bien, de faire très bien pour que l’expérience soit la meilleure possible pour nous quatre.

L equipe du Vercors

L’equipe chanceuse du Vercors

Pour ma part, j’étais vendredi 4 Septembre à Grenoble pour la première journée du programme de l’association l’Arche aux innovateurs. Je te parlerai plus tard de cet autre projet dont je fais parti. J’avais un véhicule.

Mes trois comparses partaient de Lyon en fin d’après midi pour arriver à Châtillon en Diois aux alentours de 20h30 (prévisions), avec une seconde voiture.

C’était parfait pour une traversée. J’avais donc prévu de déposer ma voiture en dessous du rocher des deux soeurs à l’est du Vercors et de me débrouiller pour rejoindre l’équipe à Châtillon vers 20h30. Pour cela, je devais partir à 17h maximum de la journée de l’Arche aux innovateurs. Je devais poser la voiture 40 km plus loin, dans la montagne, me débrouiller pour redecendre sans la voiture 12km plus bas pour prendre un train à 18h56 qui m’emmenerait de Monestier-de-Clermont jusqu’à Lus-la-croix-haute. De là, faire du stop pour rejoindre Chatillon-en-Diois situé à une trentaine de kilomètres.

Il était ensuite prévu une bonne ascension du plateau de nuit puis deux bonnes journées de marche avec notamment dans le programme l’ascension du Grand Veymont et des Moucherolles.

Allons-y pour voir comment ça c’est passé.

Je pars à 17h, comme prévu. (Ça je le maîtrisais). Quelques minutes où j’avance bien puis les bouchons du vendredi soir.  Fatal. Je sors finalement de Grenoble avec 20 minutes « dans l’os ». J’ai pas de chance et ça va être mort pour le train.

J’arrive en voiture à Monestier à 18h04. Dilemme : monter à chateau-bernard, 12km plus loin, pour déposer la voiture comme prévu ou rester ici et attendre le train sachant que dimanche, nous serons 4 à devoir enquiller ces 12km de rab. Priorité au plaisir de l’équipe, je monte. Ma xsara devient xsara de rallye. Enfin presque. Elle ronfle et je peste. Dans la montée, je regrette mon choix. Je ne croise aucun véhicule. Aucun ! Comment vais-je redescendre pu… de bord.. de mer..!!! J’ai vraiment pas de bol. Je suis maudit. Possédé. 2,5 km avant Château-Bernard, je vois un utilitaire garé de l’autre côté, prêt à descendre. J’enfonce le frein. Je m’arrête à son niveau. La conductrice baisse sa vitre. C’est bon signe !

– Vous redescendez sur Monestier ?

– Oui

– Génial. Pourriez-vous me redescendre sur Monestier ?

 -…

Son visage semble ahuri. Serait-ce bizarre comme demande? Un gars en voiture venant de Monestier et demandant à ce qu’on le redescende sur Monestier ? Effectivement. Je me ressaisis aussi sec.

– Je dois laisser une voiture à Château Bernard puis redescendre à Monestier pour prendre un train dans 30 minutes (oui, car il est maintenant 18h26)

ok

Toujours surprise elle accepte. J’amorce la montée à Chateau-Bernard, elle fait demi tour et me suit. C’est gagné, j’ai vraiment un bol monstre. Je gare mon bolide, prends mes affaires de rando et saute dans sa voiture. La cinquantaine bien tassée elle a les cheveux qui grisonnent sec. Bien plus que moi. Elle a en plus cette expression de visage propre aux soixante-huitards de la montagne. Et un calme. Un calme qui me stresse. Je n’ai que moins de 20 minutes pour arriver à la gare ! J’ai pas de chance, elle est trop calme. Dans la descente, au premier carrefour, elle ralentit. Elle ralentit tellement que je crois qu’on va s’arrêter là. Elle plisse les yeux et me demande si la voie est libre à droite. Elle m’avoue ne plus voir grand-chose. L’effort rend sa vue floue mais en voiture, pour l’instant ça va. Cool. J’ai vraiment de la chance. 

On arrive à l’heure et je la remercie vraiment.

50 minutes plus tard, j’arrive à Lus-la-croix-haute. J’ai eu le temps de me changer pour mettre ma tenue de randonneur. J’attaque le stop sur une bonne route passante. Je suis rapidement pris et déposé à la bifurcation pour la route qui mène à Châtillon. Cette route passe par un col. C’est une route de gorge. C’est une route déserte. Les 4 voitures qui m’ont dépassé durant ma montée au col m’ont bien évité. L’une a même accéléré. Pas de bol. Y aurait-il de signes pour ne pas faire cette rando ?

Il fait nuit, j’aime pas cette route. Heureusement, les mobiles captent et les « zouaves » viennent me récupérer au col de Grimone. 

Mais au lieu de 20h30, c’est à 22h30 que nous commençons notre ascension. La nuit est belle et claire. C’est agréable mais je sens un peu d’inquiétude dans l’équipe. Il faut dire que j’ai été mauvais sur les estimations de durée. Là où j’annonçais 1h30/2h, il nous faudra un peu plus de 3h. C’est dur pour le moral. Précisons que c’est une constante du week end. Ce qui confirme qu’il me faut prévoir deux fois plus de temps. Et puis une question dans les esprits : la cabane au sommet sera-t-elle libre ?

Vers 2h du matin nous avons la réponse, il y a du monde. Zut, flûte, crotte. Encore pas de chance. Décidément, nous n’aurions pas du partir. Hop là, ça bouge à l’intérieur. De la lumière. Nous entrons. 5 personnes sont là, elles ne dorment pas. Double chance : nous avons de la place et nous ne réveillons personne. Pour la suite de cette nuit là, tu peux lire l’article de samedi.

Vercors Grand Veymont Zen

Vercors Grand Veymont : Zen et Chance

La même interrogation se pose pour la cabane des aiguillettes. Lieu de repos prévu pour la nuit du samedi. Cabane de 4 places et comptant déjà 4 personnes à notre arrivée. Ça craint. 2 autres arrivent. Puis encore 3. Finalement les 4 premiers montent leurs tentes et nous dormons à 9 dans la cabane. Ça passe et surtout, on passe une très bonne soirée. Partage, rires, ronflements…Super.

Le vent se lève dans la nuit, un vent à décorner les bœufs. Pensée pour les 4 sacrifiés, dans leurs tentes. Les rafales enflent, le bruit emplit la cabane. On avait oublié la partie météo mais les prévisions n’étaient pas terribles au départ. Elles se sont améliorées laissant présager d’éventuelles averses le samedi après midi. Nous avons eu de bonnes conditions. Et voilà que le vent s’excite alors qu’on a prévu l’ascension du grand Veymont de nuit. Avec une belle perspective d’être bien exposé au vent. Je sors sonder un peu le vent. Ca va le faire. On va monter.

On s’habille de tout ce que l’on a et en route. Montée magique, à la lueur du jour naissant. Le vent nous bouscule mais ne nous terrasse pas. Une vue au sommet absolument superbe et une satisfaction pour chacun de nous 4. Le smile (un peu crispé et avec la goutte au nez)

Vercors Leve Soleil Grand Veymont

Vercors : la chance d’un lever de Soleil au Grand Veymont

La journée se poursuit jusqu’à l’abandon de l’idée première. Il nous faut redescendre jusqu’à Saint Andéol sans passer par les Moucherolles. La voiture ne sera alors qu’à 5km. A Saint Andéol nous arrêtons une voiture. Elle va à Chateau Bernard. Chris et moi montons et laissons Gaux et Brigitte avec les sacs. Le couple qui nous conduit est excellent. Voyant la route, nous comprenons que nous avons de la chance. C’est peu probable qu’une voiture passe par là. De retour auprès de nos compagnes elles nous confirment notre sentiment : aucune voiture n’est passée depuis celle que nous avons investie. Finalement, nous sommes bel et bien chanceux.

J’ai fait long aujourd’hui. Désolé 😉

Mais je voulais marteler ce qui est une constante de la vie : la répétition, l’alternance entre ce qui nous aide et ce qui nous freine. En un seul week-end, combien de coups de bol ? Combien de coups de malchance ?

La « morale » que je souhaite conserver de cette expérience est simple : ne pas tirer de conclusion trop hâtivement.

Et je terminerais par ce proverbe que m’a dit un jour un très bon ami à moi :

Après chaque montée, il y a une descente. Après chaque descente, il y a une montée.

Il y a toujours une chance potentielle alors à moi d’ouvrir l’œil et de saisir les opportunités. Et surtout, le changement d’aujourd’hui : regarder différemment les difficultés. Elles font partie de la vie et ne sont pas malchance ou signes négatifs.

Merci pour ta lecture et à très bientôt

Au fait, si tu le souhaites, tu peux participer à un très rapide sondage sur la chance ICI

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